Huit dossiers. Un fait, sa source, une question.
Chaque semaine, on publie un fait tiré d’une source officielle : Insee, Cour des comptes, Sénat, décisions de justice, Journal officiel. On dit ce qu’il vous coûte, et on vous demande ce qu’on en fait. Tous les camps, sans exception.
- L’État qui prend tout et rend peu01
La France dépense plus que presque tous ses voisins et prélève parmi les impôts et cotisations les plus lourds d’Europe. L’argent part dans la dette, la structure et les doublons, pas au guichet.
« On paie parmi les impôts les plus lourds du monde. Vous en avez pour votre argent ? »
« Combien vous coûte, chaque mois, le trajet pour aller travailler ? Et quelle part en repart en taxes ? »
Plus de 3 400 milliards d’euros de dette publique, soit environ 50 000 € par Français.
Source : Insee, dette au sens de Maastricht, 2025 Sur 100 € que coûte à son employeur un salarié payé au salaire moyen, 47,20 € partent en impôts et cotisations. La France est 3e de l’OCDE, dont la moyenne est 35,1 %.
Source : OCDE, Les impôts sur les salaires 2026 (données 2025) Sur un litre d’essence SP95, la moitié du prix (50,1 %) part en taxes. Et la TVA à 20 % se calcule aussi sur l’accise : une taxe sur la taxe.
Source : Commission européenne, Weekly Oil Bulletin, 24 août 2026 ; art. 267 du Code général des impôts - Les privilèges de la classe politique02
Ceux qui votent les efforts des Français s’en exonèrent souvent : frais peu contrôlés, régimes de retraite à part, avantages après le mandat.
« Ils vous demandent des efforts. Ils en font, eux ? »
- Les affaires, et ceux qui reviennent03
Des responsables de tous bords ont été condamnés pour avoir détourné de l’argent public. Les procédures durent des années, et la sanction tombe quand plus personne ne regarde.
« Un salarié qui vole sa boîte est viré le jour même. Un élu condamné, il se passe quoi ? »
Le ministre chargé de la lutte contre la fraude fiscale avait un compte caché : Jérôme Cahuzac, condamné définitivement pour fraude fiscale et blanchiment.
Source : Cour d’appel de Paris, 15 mai 2018 - Les copains, les cabinets, les allers-retours04
L’État paie très cher des cabinets privés pour faire le travail de ses propres agents, et des hauts responsables passent du public au privé avec leurs carnets d’adresses.
« On a plus de 5 millions d’agents publics, et on paie des cabinets pour réfléchir à leur place. Normal ? »
Plus d’un milliard d’euros de prestations de conseil achetées par l’État en 2021.
Source : Sénat, commission d’enquête sur les cabinets de conseil, mars 2022 - L’argent public jeté par les fenêtres05
Chaque année, la Cour des comptes publie des dizaines de dépenses mal faites et de projets qui dérapent. Presque personne ne les lit. Nous, si.
« Si une entreprise gérait son argent comme ça, elle ferait faillite. Pourquoi pas l’État ? »
La nuit du 18 au 19 août 2026, 2 355 enfants ont dormi dehors faute de place, après un appel au 115. C’est 42 % de plus qu’en 2022.
Source : UNICEF France et Fédération des acteurs de la solidarité, baromètre « Enfants à la rue », août 2026 L’État occupe plus de 190 000 bâtiments, soit 95 millions de m². Il ne sait pas précisément lesquels sont vides : la Cour des comptes juge son inventaire « incomplet et peu fiable ».
Source : Cour des comptes, La politique immobilière de l’État, décembre 2023 - Le vote confisqué06
Les Français votent, et on fait sans eux : un « non » contourné, le 49.3 à répétition, des gouvernements qui tombent et se refont entre les mêmes.
« Vous avez voté. Ça a changé quoi ? »
Le 49.3 utilisé 23 fois par un seul gouvernement, en un an et demi, dont la réforme des retraites.
Source : Assemblée nationale, 2022-2023 2 décembre 2024 : le gouvernement Barnier engage le 49.3 sur le budget de la Sécurité sociale. Le 4 décembre, 331 députés votent la censure. C’est la première fois sous la Ve République qu’un 49.3 fait tomber un gouvernement.
Source : Assemblée nationale, scrutin du 4 décembre 2024 ; vie-publique.fr Dernier référendum national : le 29 mai 2005, et son « non » a été contourné. En 2020, le référendum d’initiative partagée sur Aéroports de Paris a réuni 1 093 030 soutiens. Il en fallait 4 717 396.
Source : Conseil constitutionnel, résultat du RIP Aéroports de Paris, 26 mars 2020 - Les lois votées, jamais appliquées07
Une loi annoncée à la télévision n’est pas une loi appliquée. Beaucoup attendent leurs décrets pendant des mois ou des années.
« Ils vous ont annoncé cette loi il y a deux ans. Elle s’applique ? On a vérifié. »
- Les contre-pouvoirs tenus : justice, médias, dette08
Les procureurs sont nommés sur proposition du gouvernement, une poignée de groupes possède la plupart des médias, et la dette se paie aux marchés sans que personne n’en parle.
« Le procureur qui enquête sur un ministre est nommé par un ministre. Ça vous paraît normal ? »
Le parquet français n’est pas une autorité judiciaire indépendante du pouvoir exécutif.
Source : Cour européenne des droits de l’homme, Moulin c. France, 23 novembre 2010
Il s’écrira avec vous, à partir de ce qu’on aura montré.
Les autres arrivent avec cent promesses et n’en tiennent aucune. Nous, on commence par montrer ce qui ne va pas.
Quand un dossier a été montré et débattu, on ouvre une consultation, ouverte à tous. Les propositions qui arrivent en tête sont chiffrées, puis votées. On publie ce que vous nous avez dit, ce qu’on retient, et pourquoi.